Annonce de soutenance

29 mai 2009 at 07:43 (Thèse - Le visible et L'expression)

J’ai le plaisir de vous annoncer la soutenance de ma thèse de doctorat intitulée :

LE VISIBLE ET L’EXPRESSION. Étude sur la relation intersubjective entre perception visuelle, sentiment esthétique et forme picturale. (Résumé)

Vous êtes amicalement invité(e) à la soutenance qui aura lieu le 8 juin 2009 à 14h00 à l’EHESS : Salle 242, 54 Bd. Raspail, 75006, Paris. (Informations pratiques)

Devant le jury composé de :

M. Renaud BARBARAS (Rapporteur)

M. Jacques MORIZOT (Rapporteur)

M. Jérôme DOKIC (Président du jury)

M. Jean-Marie SCHAEFFER (Directeur de thèse)

M. Michel IMBERT (Membre du jury)

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La réfutabilité (falsifiability) selon Karl Popper

19 mai 2009 at 11:27 (Conscience) ()

Formulée en opposition à l’idée de « vérifiabilité » du positivisme logique, la réfutabilité (ou falsifiabilité) est un concept de logique selon laquelle un énoncé ou une hypothèse peut être montré comme faux en faisant une observation ou une expérience. Or dire que quelque chose est « réfutable (falsifiable) » ne veut pas dire qu’il est réellement « réfuté (falsifié) » ou « faux ». Cela veut plutôt dire que si l’énoncé est faux, alors il est possible de le démontrer par moyen d’observation ou d’expérience. Elle est selon Popper un critère de démarcation entre les énoncés scientifiques et non scientifiques. La thèse de Popper désigne en effet une « possibilité logique », et non pas une actualité. Il s’agit donc d’une ouverture à la remise en question d’une théorie scientifique par des moyens « scientifiques » ou empiriques. Cela veut dire que dans la pensée de Popper, une théorique scientifique ne peut être réfutée et prouvée comme fausse que par les moyens et les instruments définis par la science elle-même. Ainsi, pour prendre l’exemple de psychanalyse, dire que la théorie de Freud n’est pas réfutable, c’est dire que l’on ne peut pas prouver le complexe Œdipe comme une théorie fausse en menant un processus expérimental, ni évaluer la valeur de vérité de cette théorie à l’appui des résultats obtenus par l’expérimentation.

Un autre exemple de la théorie non-scientifique est probablement la thèse de pur ego de Husserl. Le caractère non scientifique de cette thèse se manifeste dès la définition du pur ego : le pur ego est un ego non-empirique, donc non observable par les mesures scientifiques. Cette thèse se situe donc complètement hors du champ de la scientificité et à l’abri de l’investigation scientifique.

Pour revenir au concept de réfutabilité, la thèse de Popper concerne notamment les énoncés scientifiques sous la forme de « proposition universelle » (« tous Fs sont Gs », ou « pour tout x, si x est F, alors x est G ») qui soulève la difficulté de vérification, étant donné qu’il est impossible de vérifier si « pour tout x, si x est un cygne, alors x est blanc ». Puisque vérifier tous les particuliers concevables est impossible, pour établir les lois qui prétendent une vérité universelle, les scientifiques n’ont qu’à avoir recours à la méthode d’induction permettant de remonter des particuliers à l’universel. Ce passage du particulier à l’universel soulève cependant une sérieuse problématique épistémologique que l’on désigne sous le nom de « problème d’induction ». Ce problème est souvent illustré par l’exemple du lever de soleil : depuis le temps que quiconque peut connaître, le soleil se lève tous les matins, alors, peut-t-on en inférer qu’il se lèvera demain, après demain et ainsi de suite ? Qu’est-ce qui nous permet alors de tirer la conclusion et prévoir la suite de l’événement à partir d’une série de faits du passé qu’on a pu observée ? En effet, du particulier à l’universel, il s’agit souvent d’une généralisation quelque peu abusive et cela pose de réel problème de logique. La possibilité de commettre des erreurs est escomptée. Popper, comme Hume, en conclut que ce qui nous permet de tirer une conclusion universelle à partir d’une prémisse particulière n’est rien d’autre qu’une force psychologique, une croyance. Or le fait de croire ne suffit pas pour justifier logiquement la conclusion tirée du passé. Rien ne peut garantir que demain et après demain le soleil se lèvera tel qu’il a été ce matin et le jour de la naissance de mon arrière grande mère. La généralisation de la science empirique n’a donc pas de validité logique absolue. Certes, elle prend appui sur les méthodes définies rigoureusement qui servent, en quelque sort, d’indicateurs de confiance, mais au fond, ceux-ci ne sont pas vraiment différents de la douteuse croyance psychologique. On peut donc dire que le problème d’induction est au plein cœur du débat de la réfutabilité.

(Mais bon, on peut toujours faire des arrangements avec ce fameux problème d’induction. Quoique. :p)

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